Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /Fév /2008 12:15

Tout le monde l'aura constaté. Depuis le lancement de la campagne municipale, j'ai gardé pour moi mes commentaires et mes réflexions. 

Et pourtant, je continue à être le cauchemar du Premier Fédéral, allez savoir pourquoi? Il a une propension à me rendre responsable de tout ce qui ne tourne pas rond dans sa fédération.

C'est quand même un peu trop facile et c'est donner beaucoup de pouvoir à une simple citoyenne socialiste. Je crois qu'une bonne analyse introspective des socialistes clermontois leur permettrait de mettre le doigt sur leurs réels problèmes.

Je peux bien entendu les aider dans cette démarche en commencant par leur décliner une problématique majeure:
l'inadéquation de leurs pratiques avec la réalité de la société française du 21ème siècle.

Continuer à croire que le profil du vrai bon militant est celui d'un homme blanc, soixantenaire, hétérosexuel ,de préférence fonctionnaire ou cadre supérieur et habitant du centre ville,  ne va plus être de tout repos.

Tous les citoyens sont aujourd'hui dignes d'être militants d'un parti politique. 
Penser qu'il y a des militants dignes d'être reconnus et d'autres non est une vue de l'esprit qui n'a rien d'humaniste.

D'autant quand ces militants stigmatisés ont pour point commun une origine géographique : les quartiers populaires.
C'est là que le bât blesse. Ces habitants des quartiers, on les veut électeurs, colleurs d'affiches, distributeurs automatiques de tracts mais surtout pas éligibles, penseurs et acteurs.

Alors, quand par malheur, ces habitants des quartiers populaires s'inscrivent dans un parti politique et particulièrement au Parti Socialiste, tout de suite flotte une ambiance suspecte.
Qu'est ce qu'ils nous veulent? "Ils veulent être comte à la place du comte?" Ils ne nous font plus confiance pour réfléchir pour eux, agir pour eux? Qu'est ce qu'il leur prend de vouloir penser et décider pour qui ils allaient voter?

La réponse c'est le système MENTALECHETA.

Le système MENTALECHETA, c'est dénoncer la volonté d'assigner à résidence. C'est formuler l'hypothèse que tout citoyen quelque soit son origine sociale, culturelle, son handicap ou son orientation sexuelle , est digne d'être éligible. C'est dire qu'il n'y pas d'un côté les intellectuels et de l'autre les indigènes de la République. C'est croire que la société française s'enrichit chaque jour de sa diversité. C'est reconnaitre l'action positive de l'Ecole de la République qui permet à tout un chacun de s'inscrire dans la citoyenneté.

Le système MENTALECHETA  favorise l'émancipation, encourage les talents et les compétences et lutte pour l'égalité réelle.

Vous comprendrez alors ma réaction aux propos de Pierre Sabatier dans l'
article paru hier dans La Montagne. 

Je vous livre l'intégralité de mon communiqué de presse.

"A l’instar de Georges FRECHE qui qualifiait les harkis de sous hommes, Pierre SABATIER, Premier Secrétaire de la fédération du Puy de Dôme affirment que des socialistes issus des quartiers populaires dont  Clermont Nord, « ne sont pas des militants notoires ». De toute évidence, Pierre Sabatier est le digne camarade de Georges Frêche.
Que 124 militants socialistes des quartiers populaires de Clermont-Ferrand décident de rompre avec le Parti démontre l’incapacité de cette organisation politique à être en phase avec la société du 21ème siècle. Cette absence d’analyse atteste de l’état de déliquescence de la fédération socialiste du Puy de Dôme.
Que ces 124 socialistes aient pris la décision de soutenir le Modem ne relèvent à priori pas d’une faute politique puisqu’ils ne font que suivre l’exemple donné entre autres par François Rebsamen, Maire socialiste de Dijon, Jean Noël Guérini, candidat socialiste à Marseille, tous deux membres du bureau national du Parti Socialiste.
Pratiques d’un autre siècle, absence de projet politique, déni de démocratie, mépris des militants, xénophobie latente sont aujourd’hui les seules images renvoyées par une fédération donneuse de leçon de solidarité et d’internationalisme.
Le mot camarade a laissé place à beurette, comte à la place du comte, militants douteux,…La mandature de Pierre Sabatier brille par sa « gauloiserie » exacerbée à chaque échéance électorale.
Faute d’assumer une réelle responsabilité dans l’échec du rassemblement des socialistes autour d’une vision fédératrice et rénovée, Pierre Sabatier fantasme sur l’existence d’un système, sorte de force obscure, qui aurait pour rôle d’anéantir l’appareil. C’est donner beaucoup de pouvoir à de simples militants face à une organisation politique bien rodée dans l’art de faire passer des vessies pour des lanternes.

Le mépris et la xénophobie n’ont pas leur place ni dans notre société, ni au Parti Socialiste. Pour lutter contre ces dérives, la République s’est dotée d’un arsenal législatif que je saisis immédiatement en ma qualité de citoyenne socialiste. Parallèlement, je demande aux socialistes toujours membres du Parti de saisir la commission nationale des conflits  pour demander l’exclusion de Pierre Sabatier comme cela a été fait pour Georges Frêche."

Publié dans : Bizarreries socialistes
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